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Journée d’étude sur le système de santé algérien a l’épreuve de la transition plurielle

 

Hôtel Mazafran-Zéralda
Dimanche 03 mai 2015

La journée d’étude vise un double objectif : présenter les analyses et les recherches récentes sur le système de santé algérien et identifier quelques pistes et actions de recherche sur la dimension économique et socio-anthropologique.

La journée d’étude est organisée en deux séances, avec la contribution des chercheurs, des experts internationaux et des professionnels de santé dans une vision pluridisciplinaire. La première séance porte sur le secteur privé des soins, l’industrie pharmaceutique et les dépenses de santé. Analyser le secteur privé des soins sur la base de données factuelles pour mieux comprendre ses logiques d’émergence, ses modes de fonctionnement et ses perspectives de développement se sont révélés particulièrement novateurs, permettant tant de produire des connaissances sur un sujet inexploré, que d’éclairer la décision publique face l’expansion de ce segment du système de santé (Dr A. ZEHNATI). La stratégie partenariale des pouvoirs publics qui consiste en l’implication du secteur privé national et étranger dans le développement de nouvelles capacités productives dans la branche pharmaceutique s’avère infructueuse. Ni la politique incitative, ni la politique coercitive n’ont permis d’atteindre l’objectif souhaité (Dr A.KERNANE). La dynamique et le développement qu’a connu le système de santé algérien dans ses deux composantes publique et privée a induit une forte implication des ménages dans la prise en charge de leurs dépenses de santé. Ce report de charges financières n’est pas sans conséquences sur les dépenses catastrophiques en santé surtout que les paiements directs des ménages sont très élevés en Algérie (Pr L.LAMRI). L’accroissement des dépenses de la sécurité sociale a été tiré essentiellement par le poste « produits pharmaceutiques » tant en volume qu’en valeur. Les mesures prises par les pouvoirs publics pour maîtriser ces dépenses s’avèrent inadaptées (Dr Z.SNOUSSI).

La deuxième séance traite des éléments critiques à considérer dans les réformes sanitaires, la question de la ressource humaine à l’hôpital et les perspectives de recherche en économie de la santé en Algérie. La réforme de tout système de santé doit prendre en compte l’ensemble des piliers le constituant. La grille de lecture de l’OMS sur les performances des systèmes de santé à l’aune des expériences internationales sera passée en revue (Pr E. BENZERROUG). La ressource humaine à l’hôpital est abordée suivant deux visions. La première est celle d’un professionnel de santé qui pointe du doigt les profondes divergences entre les intérêts d’une majorité d’acteurs et les objectifs proclamés du système de santé, ou du moins une adhésion insuffisante à ces derniers. Dans ces conditions, il semble illusoire d’améliorer l’efficience du système de santé sans prendre en compte le facteur humain (Dr M.IDDIR). La deuxième est celle d’un universitaire qui à partir d’une enquête de terrain conduite au CHU de Tizi -Ouzou tente de savoir si les pratiques de gestion des ressources humaines sont au diapason des réformes entreprises par les pouvoirs publics (Melle H.SOUKI et Melle F.BOUGHANEM). Face à la crise multiforme que vit le système de santé algérien, des recherches fondées sur des cadres théoriques solides et des études de terrain pluridisciplinaire sont nécessaires pour comprendre les faits et agir sur les tendances, dynamiques, leviers et acteurs qui façonnent le système de santé. Des pistes de réflexion ont été suggérées pour développer un agenda de recherche dans le domaine de l’économie de la santé en Algérie (Mr M.KADDAR).

 

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