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Nacer-Eddine Hammouda, Directeur de recherche au cread : L'informel ne se limite pas au seul secteur du commerce

 

Le chercheur au Centre de recherche économique appliquée au développement (CREAD) Nacereddine Hammouda évoque, dans cet entretien, les conditions dans lesquelles la question du secteur informel devrait être traitée. Selon lui, l'informel va au-delà du commerce en ce sens qu'il touche à plusieurs sphères de l'économie nationale.

 

Le chercheur au Centre de recherche économique appliquée au développement (CREAD) Nacereddine Hammouda évoque, dans cet entretien, les conditions dans lesquelles la question du secteur informel devrait être traitée. Selon lui, l'informel va au-delà du commerce en ce sens qu'il touche à plusieurs sphères de l'économie nationale.

- Avant de s'attaquer au marché informel, le gouvernement évoquait souvent sa fonction sociale comme vecteur d'emplois. Peut-on dire qu'aujourd'hui, le gouvernement a changé de vision par rapport à cette question '

Nous parlons de l'informel depuis le milieu des années 1980. Un premier colloque s'et déroulé à la fin de cette décennie. Au début des années 1990, il était prévu la réalisation d'une grande enquête nationale sur le secteur informel. Pourquoi cette enquête n'a jamais été concrétisée alors que dans des pays semblables au nôtre, ils en ont déjà réalisés plusieurs ' Des études académiques ont été faites sur l'informel, les concepteurs des politiques économiques les ont-ils consultées ' Le secteur informel ne se limite pas au commerce ; quid des transactions informelles dans le foncier et l'immobilier ' Quid de l'informel dans le BTP alors que le premier donneur d'ordre est l'Etat ' Qu'advient-il des 40 milliards de dollars de marchandises imiportées annuellement ' Nous sommes-nous donné les moyens de déterminer leur traçabilité ' Où se situe le blocage dans l'utilisation des moyens électroniques de payement ' Quels sont les moyens que s'est donnés l'Etat pour évaluer les différentes politiques publiques (et elles sont nombreuses) de subvention au monde rural et aux entreprises économiques ' La suppression de la dette des fellahs s'est-elle traduite par la baisse des prix des produits agricoles ' Quelle lisibilité avons-nous des politiques économiques ' Car c'est de cela qu'il s'agit.

- Existe-il un préalable à l'éradication de l'informel '

L'informel est la résultante de trois phénomènes : exclusion sociale d'une frange de la population juvénile ; dysfonctionnements économiques liés à l'absence de transparence ; rigidités institutionnelles liées au mode de gouvernance économique. Quels sont les leviers de commande dont dispose l'Etat pour réguler son économie, et donc pour enrayer toutes les pratiques informelles ' A-t-on évalué notre politique fiscale ' Est-elle suffisamment incitative pour le secteur formel productif ' Quel est le coût de la légalité ' C'est à toutes ces questions qu'il faudrait commencer par répondre et ouvrir un débat public sans exclusive.

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